La galerie Arcima présente

Gérard Bouvier et Etienne Cendrier

du 31 octobre au 13 novembre 2011

 

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D’un bleu soutenu ou profond surgissant de l’obscurité à un bleu azuré parsemé de blanc, le ciel se décline d’œuvres en œuvres dans une infinie subtilité. En art, le ciel se révèle généralement parmi divers éléments terrestres, mais chez Etienne Cendrier, il est le sujet central et unique de son œuvre, exploré sans relâche depuis 2004.

            Le pastel s’est imposé à l’artiste comme une évidence en raison de sa sensualité et de sa malléabilité par un contact direct avec la main, sans l’intermédiaire d’un pinceau. Cette technique s’apparente souvent pour certains à un mélange entre le dessin et la peinture par un travail sur le trait et la couleur qui se répondent et se diffusent en textures et couches diverses. L’artiste s’exprime dans de larges formats pour retranscrire au mieux l’immensité du ciel et de l’univers ; sa beauté qui ne porte encore pas trop les traces perceptibles de notre société dévastatrice.

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            Pour Etienne Cendrier, le ciel ne revêt pas une symbolique transcendantale qui serait de l’ordre du sacré ou du divin. En ce sens, il n’y a aucune métaphysique, mais plutôt la recherche d’une immersion dans le monde concret pour se laisser porter par l’étendue, le mouvement infini de l’espace. Face à cette immensité, aucun repère n’est donné au spectateur qui peut dès lors s’abandonner à la contemplation et à la rêverie. Cet espace harmonieux constellé de nuages duveteux est une porte ouverte à l’imaginaire.

 

  

            Les sculptures de Gérard Bouvier montrent un esprit plein d’humour et de finesse. L’artiste procède de la libre association d'éléments issus de la vie quotidienne, principalement des ustensiles et des couverts de tables dont il transfigure l'aspect pour engendrer un bestiaire extravagant où, par exemple, des oiseaux au plumage lustré s'accouplent jusqu'à ne former plus qu'un.

            Ce sont aussi des personnages aux allures rocambolesques dont l'apparence montre une jubilation chromatique ou encore des soldats errants sur une barque dans des eaux oniriques. L’artiste porte à son paroxysme la prolifération dérisoire de l'ustensile dans notre société, pour élever le banal au niveau des arcanes de l'art.

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  Son lyrisme s'exalte dans la matière, principalement du métal d'orfèvrerie oxydé ou non et des résines, qui est métamorphosée en une géométrie naturelle teintée d’un imaginaire impertinent. Dans certains œuvres, la masse et le volume s’imposent en des sphères similaires à des boulets aux catapultes absentes qui ont tout emporté sur leur passage. Cet univers est peuplé aussi d’êtres « Bifaces » aux allures intrigantes qui sont des sortes de totem à la fois humain, animal et végétal au rite inconnu.

  

Véronique Perriol, Paris le 18 octobre 2011.